Cette page est la version recette : quantités, ordre des étapes, sécurité et points de contrôle. La chimie de la saponification, le surgraissage et le calcul de soude sont détaillés dans la notion dédiée, pour ne pas alourdir le protocole.
Pour comprendre la réaction, le surgras, le rôle du glycérol et le calcul de soude : La saponification : comment le corps gras devient savon.
Pour aller plus loin pendant la lecture
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Le matériel de cette recette, en un coup d'œil
- Soude caustique en poudre, pureté >99% — l'ingrédient de base de la réaction
- Balance de précision 0,1g — pour un dosage fiable, non négociable
- Thermomètre à sonde digital — suivre le refroidissement de la soude
- Mixeur plongeant — atteindre la trace en quelques minutes
- Moule à savon + outils de découpe — mise en forme et démoulage
Avant de commencer : les trois choix de cette recette
Cette recette est volontairement cadrée pour débuter : elle utilise un mélange d'huiles simple, un surgraissage de 8 % et des quantités déjà calculées. Ne changez pas une huile, un poids ou le taux de surgras sans refaire le calcul de soude.
| Paramètre | Choix retenu | Pourquoi |
|---|---|---|
| Huiles totales | 500 g | Format facile à manipuler, donne environ 6 à 8 savons |
| Surgraissage | 8 % | Marge confortable pour un savon doux |
| Soude NaOH | 69,5 g | Quantité calculée pour ce mélange précis d'huiles |
Changer la recette ?
- Lire d'abord la notion saponification : calcul de soude, SAP, surgras
- Ne jamais reprendre les 69,5 g de soude si une huile ou une quantité change.
Sécurité : ce qui n'est pas négociable
La soude caustique (NaOH) est corrosive et la réaction avec l'eau est fortement exothermique. Toujours verser la soude dans l'eau (jamais l'inverse), travailler avec des gants et des lunettes de protection, et dans une pièce ventilée — les vapeurs dégagées à la dissolution sont irritantes pour les voies respiratoires.
Sous quelle forme acheter la soude ? Pour cette recette, on utilise de la soude caustique solide (poudre ou perles), pureté supérieure à 99% — pas une solution déjà diluée type "déboucheur liquide", dont la concentration réelle n'est jamais garantie et fausserait tout le calcul de dosage.
Important — ne pas improviser le calcul
Les quantités ci-dessous valent uniquement pour cette recette. Si vous changez une huile, son poids ou le taux de surgras, il faut refaire le calcul de NaOH. La méthode est expliquée dans la notion : calculer la soude avec l'indice de saponification.
La recette : savon surgras à l'huile d'olive (500 g d'huiles)
Rendement : environ 700 g de savon, à découper en 6-8 pains après démoulage.
| Ingrédient | Quantité | Rôle |
|---|---|---|
| Huile d'olive | 300 g (60 %) | Douceur, savon dur à moyen terme |
| Huile de coco | 150 g (30 %) | Mousse abondante, dureté rapide |
| Huile d'amande douce | 50 g (10 %) | Surgraissage supplémentaire, peaux sèches |
| Soude caustique (NaOH), poudre >99% | 69,5 g | Calculé pour 8 % de surgraissage sur ce mélange |
| Eau déminéralisée | 174 g | Dissolution de la soude |
Étapes détaillées

- Peser avec la balance de précision (0,1g) : 69,5 g de soude dans un premier contenant, 174 g d'eau dans un second. C'est l'étape où la précision compte le plus — quelques grammes de soude en trop et le savon reste irritant pour la peau (soude libre résiduelle) ; quelques grammes en moins et le surgraissage change, le savon devient plus mou et se conserve moins bien. Une balance de cuisine classique au gramme près n'est pas suffisante ici.

- Verser les perles/poudre de soude caustique (solide) dans l'eau — jamais l'inverse, verser de l'eau sur de la soude peut provoquer une projection violente. Gants nitrile et lunettes de protection portées, dehors ou en pièce très ventilée. Sur la température : ce n'est pas nous qui chauffons. Dissoudre la soude dans l'eau est une réaction chimique qui dégage de la chaleur toute seule (réaction exothermique). La température grimpe spontanément à 70-90°C en quelques secondes, sans plaque chauffante. Utiliser le thermomètre à sonde pour suivre la redescente jusqu'à 40-45°C avant de continuer (15-30 minutes ; poser le contenant dans un bac d'eau froide accélère le refroidissement).

- Pendant ce temps, faire fondre l'huile de coco (bain-marie doux), mélanger avec l'huile d'olive et l'huile d'amande douce. Vérifier avec le même thermomètre : viser aussi 40-45°C pour que les deux mélanges (soude et huiles) soient à température proche avant de les combiner — un trop grand écart donne une saponification irrégulière.

- Verser la solution de soude dans les huiles. Utiliser le mixeur plongeant par impulsions de 10-15 secondes, en alternant avec un mélange à la spatule, jusqu'à la trace (voir lexique) — 3 à 8 minutes selon les huiles.

- Verser dans le moule à savon, tapoter pour chasser les bulles, couvrir d'un linge, laisser 24-48h dans un endroit à température stable.

-
Démouler (le savon doit être ferme au toucher), découper en pains avec les outils de découpe.
-
Laisser curer au minimum 4 semaines, pains espacés, dans un endroit sec et ventilé. Une bandelette de pH peut signaler une anomalie grossière, mais elle ne prouve pas l’absence de soude libre. Les méthodes normalisées de détermination de l’alcali caustique libre reposent sur un titrage spécifique, pas sur une simple lecture de pH1. Si le lot s’est séparé, présente des poches liquides, des cristaux suspects ou provoque une sensation de brûlure, ne pas l’utiliser.
Après démoulage : cure et patience
Cette recette suit la méthode à froid. Après découpe, les savons doivent sécher plusieurs semaines dans un endroit ventilé. La cure sert surtout à faire perdre de l’eau au savon, à augmenter sa dureté et à stabiliser progressivement ses propriétés d’usage ; la perte d’humidité et le durcissement évoluent ensemble pendant cette période2. Si la formulation et l’émulsion sont correctes, l’essentiel de la saponification est déjà réalisé avant la fin de la cure. Pour la comparaison détaillée entre méthode à froid et méthode à chaud, voir : la notion saponification.
Le matériel, en détail
Petit lexique
- Saponification — réaction chimique qui transforme un corps gras en savon au contact d'une base forte
- Corps gras / triglycéride — la molécule d'huile végétale, composée de trois acides gras
- Trace — le moment où le mélange épaissit assez pour laisser une marque visible à la surface quand on soulève le mixeur — signal qu'on peut couler dans le moule
- Surgraissage — pourcentage d'huile volontairement laissé en excès, non transformé en savon, pour adoucir le produit fini
- Cure — période de séchage et de maturation physique pendant laquelle le savon perd de l’eau, durcit et stabilise ses propriétés
- Exothermique — qui dégage de la chaleur tout seul, sans apport extérieur
- Indice de saponification (SAP) — quantité de soude nécessaire pour transformer 1g d'une huile donnée en savon ; propre à chaque huile
En résumé
Un savon surgras réussi repose sur un calcul de saponification correct, une pesée précise, une émulsion homogène et une cure suffisamment longue pour perdre de l’eau et durcir. Une bandelette de pH ne constitue pas, à elle seule, un certificat d’absence de soude libre.
Sources & références
- ISO 456:1973 — Surface active agents — Analysis of soaps — Determination of free caustic alkali — ISO. La soude caustique libre est déterminée par des méthodes de titrage spécifiques, distinctes d’une simple mesure de pH.
- Comparative studies of the curing and hardening process of soaps produced from different oils — International Journal of Engineering and Modern Technology. Étude du séchage des savons : perte d’humidité pendant la cure et augmentation parallèle de la dureté.
Chaque recette et notion publiée sur ce site est relue manuellement : dosages, mécanismes, limites et points de sécurité sont vérifiés avant mise en ligne.



