Ce kimchi est une version classique au chou chinois, en morceaux, inspirée du baechu kimchi. Il associe une saumure de salage, une pâte au gochugaru, de l’ail, du gingembre et de la sauce de poisson. La recette est calibrée pour un bocal de 2 litres et privilégie des mesures en grammes plutôt que des cuillères approximatives.
La recette dédiée est ici : kimchi végétarien maison au miso et au kombu.
Les guides utiles avant de commencer
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Matériel recommandé
- Un bocal alimentaire de 2 L avec valve ou couvercle posé sans serrage excessif
- Une balance lisible à 0,1 g ou 1 g
- Une grande bassine alimentaire, une passoire et des ustensiles propres
- Des gants alimentaires pour éviter l’irritation par le piment
- Des bandelettes adaptées ou un pH-mètre entretenu pour suivre l’acidification
Point de sécurité
Cette recette repose sur une fermentation spontanée. L’hygiène, le salage, la température et l’acidification doivent être suivis. Colorado State University Extension recommande que le kimchi atteigne un pH de 4,6 ou moins avant consommation.1 Une mesure de pH ne compense toutefois jamais un matériel sale, une moisissure visible ou une odeur de putréfaction.
Ce qui distingue ce kimchi d’un simple chou assaisonné
Le chou est d’abord salé, puis rincé et mélangé à une pâte aromatique. Les microorganismes déjà présents sur les légumes utilisent une partie des sucres disponibles et produisent des acides organiques ainsi que du dioxyde de carbone. Aucun « starter » n’est nécessaire. Le salage, l’acidification et le froid orientent la transformation, mais ne rendent pas une préparation indestructible.1
La sauce de poisson n’est pas le moteur de la fermentation. Elle apporte surtout du sel, des composés aromatiques et de l’umami. Elle constitue aussi un allergène poisson : la recette doit être identifiée clairement lorsqu’elle est servie à d’autres personnes.
La recette du kimchi classique
Kimchi classique au chou chinois
Version en morceaux, moyennement pimentée, pour un bocal de 2 litres.
Ingrédients
| Élément | Quantité | Rôle |
|---|---|---|
| Chou chinois paré | 1 000 g | Base végétale |
| Eau froide potable | 2 000 g | Saumure de salage |
| Sel non iodé | 120 g | Saumure à 6 % avant rinçage |
| Radis daikon | 150 g | Croquant et sucres fermentescibles |
| Carotte | 60 g | Texture et douceur |
| Oignons nouveaux | 50 g | Arôme |
| Eau pour la pâte | 150 g | Dispersion des épices |
| Farine de riz gluant | 15 g | Texture de la pâte |
| Sucre | 12 g | Équilibre gustatif |
| Gochugaru | 30 g | Couleur et piquant modéré |
| Ail | 20 g | Arôme |
| Gingembre | 10 g | Arôme |
| Sauce de poisson | 20 g | Sel et umami |
Étapes
- Nettoyer le matériel. Laver le bocal, le couvercle, la bassine, la passoire et les ustensiles à l’eau chaude savonneuse, puis rincer soigneusement.
- Préparer le chou. Retirer les parties abîmées, rincer le chou, enlever le cœur dur et couper les feuilles en morceaux de 4 à 5 cm.
- Saler. Dissoudre 120 g de sel dans 2 L d’eau. Immerger le chou 2 à 3 heures et le retourner toutes les 30 minutes. Les côtes doivent devenir souples sans se désagréger.
- Rincer. Rincer le chou trois fois à l’eau froide, puis le laisser égoutter au moins 30 minutes sans l’essorer brutalement.
- Faire la base de pâte. Chauffer 150 g d’eau avec 15 g de farine de riz en remuant. Dès que le mélange épaissit légèrement, retirer du feu, ajouter le sucre et laisser refroidir complètement.
- Préparer l’assaisonnement. Mélanger la base froide, le gochugaru, l’ail, le gingembre et la sauce de poisson. Ajouter le daikon, la carotte et les oignons nouveaux.
- Enrober. Avec des gants alimentaires propres, répartir la pâte sur tous les morceaux de chou.
- Mettre en bocal. Tasser progressivement pour réduire les poches d’air. Laisser environ 5 cm d’espace libre. Nettoyer le bord du bocal.
- Fermenter. Fermer avec une valve ou un couvercle non serré à bloc. Poser le bocal sur une assiette et laisser 24 à 48 heures autour de 20 °C, à l’abri du soleil.
- Contrôler et réfrigérer. Mesurer le pH chaque jour. À 4,6 ou moins, et lorsque le goût convient, fermer correctement et placer au réfrigérateur.
Ne remplissez pas le bocal jusqu’au bord. Le chou relâche du jus et le CO₂ peut soulever la préparation. Un bocal rempli aux deux tiers ou aux trois quarts est plus facile à gérer.
Pourquoi utiliser une saumure à 6 % puis rincer ?
La saumure concentrée sert ici au pré-salage : elle extrait une partie de l’eau du chou, assouplit les côtes et prépare la texture. Elle n’est pas la saumure finale de conservation. Le rinçage retire ensuite une grande partie du sel de surface. Cette méthode est cohérente avec les recettes de kimchi diffusées par des services universitaires de vulgarisation alimentaire.12
La masse de sel doit être pesée. Le volume d’une cuillère varie fortement avec la granulométrie du sel. Une balance de cuisine est donc plus reproductible qu’un dosage volumique.
Choisir le bon bocal et gérer le gaz
Un contenant alimentaire en verre ou en plastique adapté convient. Il faut surtout qu’il soit propre, assez grand et capable de gérer la production de gaz. Les recommandations de conservation domestique insistent sur l’emploi de contenants alimentaires nettoyés soigneusement et sur la limitation du contact de la surface avec l’air.3
Pour cette quantité, un bocal de 2 L évite de comprimer toute la préparation contre le couvercle. Une valve simplifie l’évacuation du CO₂ ; avec un couvercle classique, il ne faut pas le serrer au point d’empêcher toute évacuation pendant la phase active.
Fermentation : température, durée et pH
Autour de 20 °C, la phase à température ambiante dure généralement 24 à 48 heures. Une pièce plus chaude accélère le dégagement de gaz et l’acidification ; une pièce plus fraîche les ralentit. Colorado State University Extension indique qu’un kimchi peut fermenter 1 à 2 jours à température ambiante et recommande de vérifier un pH de 4,6 ou moins avant consommation.1
Le seuil de 4,6 est un repère de sécurité utilisé pour distinguer les aliments suffisamment acidifiés des aliments peu acides.4 Il ne prouve pas à lui seul que toutes les étapes ont été correctement réalisées : un produit moisi ou souillé doit être jeté même si une mesure ponctuelle paraît basse.
Ce que vous pouvez observer jour après jour
| Moment | Signes possibles | Action |
|---|---|---|
| Après mise en bocal | Pâte épaisse, peu de jus libre | Tasser et vérifier l’espace libre |
| 12 à 24 h | Jus plus abondant, petites bulles, couvercle sous légère pression | Contrôler les débordements |
| 24 à 48 h | Odeur acidulée et aillée, gaz plus visible, saveur moins crue | Mesurer le pH puis réfrigérer si ≤ 4,6 |
| Au réfrigérateur | Acidité qui augmente lentement | Garder fermé et utiliser des ustensiles propres |
L’absence de bulles spectaculaires n’est pas forcément un échec. Le volume du bocal, la température, le degré de tassement et la quantité de sucres disponibles modifient ce que l’on voit.
Comment savoir si le kimchi est prêt ?
Le mot « prêt » combine deux critères :
- Le critère de sécurité suivi dans cette recette : un pH mesuré à 4,6 ou moins.
- Le critère gustatif : un chou encore croquant, une acidité nette mais agréable et des arômes plus fondus qu’au moment du mélange.
Un kimchi peut être placé au froid dès que ces critères sont atteints. Il continuera à s’acidifier lentement au réfrigérateur.
Problèmes fréquents
Mon kimchi est trop salé
Le chou a probablement été insuffisamment rincé, ou la sauce de poisson a été surdosée. Pour la prochaine fournée, respectez les trois rinçages et pesez les ingrédients. Diluer après fermentation avec de l’eau n’est pas une bonne correction : cela modifie l’équilibre et la conservation.
Mon kimchi ne produit presque pas de jus
Le chou peut être plus sec, le salage trop court ou la préparation insuffisamment tassée. Repoussez la masse avec un ustensile propre. Si la surface reste sèche et exposée après 24 heures, placez le bocal au réfrigérateur plutôt que de prolonger plusieurs jours à température ambiante.
Le bocal déborde
Le bocal était trop rempli ou la température est élevée. Essuyez l’extérieur, nettoyez le bord avec un matériel propre et remettez la préparation au froid si le pH cible est atteint. Ne récupérez pas un liquide ayant coulé sur une surface sale.
Une pellicule blanche apparaît
Une fine pellicule plate peut être liée à des levures de surface, mais l’identification à l’œil reste incertaine. La prudence est justifiée, surtout si la surface a été longtemps exposée à l’air. Une croissance duveteuse, colorée, en relief ou accompagnée d’une odeur anormale impose de jeter la préparation.
Le kimchi est mou ou visqueux
Une texture légèrement assouplie est normale. Une texture franchement visqueuse, filante ou associée à une odeur putride est un signe d’altération : ne goûtez pas et jetez le contenu.
Conservation au réfrigérateur
Une fois la fermentation initiale terminée, gardez le kimchi fermé au réfrigérateur. Utilisez une fourchette ou une pince propre, remettez les morceaux au contact du jus et refermez rapidement. Pour une qualité optimale, consommez-le dans les semaines suivantes ; son acidité et sa texture continueront d’évoluer. Les recommandations universitaires diffèrent sur les durées maximales, ce qui montre que la qualité dépend fortement de la recette, du pH, du froid et des manipulations.12
Un kimchi devenu très acide mais sans signe d’altération peut être utilisé dans du riz sauté, une soupe ou des galettes, où l’acidité est équilibrée par la cuisson et les autres ingrédients.
Avec quoi servir ce kimchi ?
- riz blanc ou riz sauté ;
- œufs, omelette ou sandwich ;
- nouilles et soupes ;
- légumes sautés ;
- galettes de kimchi ;
- garniture d’un bol de céréales et de légumes.
La version végétarienne associée
La version sans sauce de poisson n’est pas un simple retrait d’ingrédient. Elle utilise du miso, du tamari et une infusion légère de kombu pour reconstruire l’umami sans produit animal.
Voir la recette de kimchi végétarien →
Autour de 20 °C, une fermentation à température ambiante dure généralement 24 à 48 heures. Le bocal est ensuite placé au réfrigérateur. La vitesse varie avec la température, la quantité et le salage ; le contrôle le plus objectif reste la mesure du pH. Non. Certaines fournées produisent beaucoup de gaz, d’autres très peu. L’absence de grosses bulles ne suffit pas à conclure que la fermentation a échoué. Oui, mais le goût et la couleur seront différents. Un autre piment peut être utilisé en quantité réduite, car son piquant et sa granulométrie ne sont pas équivalents au gochugaru. Oui, brièvement et avec des ustensiles propres, notamment pour vérifier le pH ou repousser la préparation sous son jus. Il faut limiter les manipulations inutiles et refermer immédiatement. Le chou libère du liquide et les microorganismes produisent du dioxyde de carbone. Un bocal trop rempli ou trop chaud déborde facilement. Laisser environ 5 cm d’espace libre et poser le bocal sur une assiette. Jetez la préparation en présence de moisissure duveteuse ou colorée, d’une texture franchement visqueuse et anormale, d’une odeur putride ou si le contenant a été souillé. Ne goûtez pas pour vérifier un produit suspect. Non. Elle apporte surtout du sel et de l’umami. Pour une recette sans produit de la mer, utilisez la recette végétarienne dédiée plutôt que de la supprimer sans rééquilibrer la pâte.Questions fréquentes
Combien de temps faut-il laisser fermenter le kimchi ?
Le kimchi doit-il obligatoirement faire beaucoup de bulles ?
Peut-on faire du kimchi sans gochugaru ?
Peut-on ouvrir le bocal pendant la fermentation ?
Pourquoi mon kimchi déborde-t-il ?
Quand faut-il jeter un kimchi ?
La sauce de poisson est-elle indispensable ?
Sources & références
- Understanding and Making Kimchi — Colorado State University Extension. Méthode de baechu kimchi, hygiène, salage, remplissage du contenant, fermentation à environ 20 °C et contrôle d’un pH inférieur ou égal à 4,6 avant consommation.
- Kimchi basics — Oregon State University Extension. Recettes domestiques de kimchi, proportions de chou et de sel, fermentation courte à température ambiante puis conservation réfrigérée.
- Suitable Containers, Covers, and Weights for Fermenting Food — National Center for Home Food Preservation / University of Georgia. Choix de contenants alimentaires, nettoyage et nécessité de maintenir les légumes sous la saumure avec un poids adapté.
- Guide to Inspections of Low Acid Canned Food — fermented foods — U.S. Food and Drug Administration. La limite de pH 4,6 est le repère réglementaire utilisé pour distinguer les aliments fermentés acidifiés des aliments peu acides.
Chaque recette et notion publiée sur ce site est relue manuellement : dosages, mécanismes, limites et points de sécurité sont vérifiés avant mise en ligne.

